EMDR en ligne : la thérapie EMDR en visioconférence
La thérapie EMDR se pratique en visioconférence, dans un cadre précis, à partir de la première consultation. Cette page décrit le déroulement d'une séance d'EMDR en ligne, ce que ce format permet, ce qu'il ne permet pas, et les conditions à réunir de votre côté.
Dans quelles situations l'EMDR en ligne se justifie
La consultation à distance n'est pas une version dégradée de la consultation au cabinet, et ce n'est pas non plus un équivalent universel. C'est une modalité qui répond à des contraintes réelles, et qui convient à certaines situations mieux qu'à d'autres.
Les personnes que je reçois en EMDR en ligne le font le plus souvent pour l'une de ces raisons :
- L'éloignement géographique. Aucun praticien formé à l'EMDR à distance raisonnable du domicile, ou un trajet qui rendrait le rythme des séances impossible à tenir.
- Les contraintes professionnelles ou familiales. Des horaires qui ne permettent pas de bloquer une demi-journée toutes les deux semaines.
- Une mobilité réduite. Douleur chronique, pathologie invalidante, période post-opératoire.
- Un suivi commencé au cabinet et poursuivi à distance après un déménagement ou une mutation.
- Une agoraphobie ou une anxiété de déplacement qui rendrait la venue au cabinet elle-même un obstacle au démarrage du travail.
Dans tous ces cas, le format à distance rend possible un travail qui, autrement, n'aurait pas lieu. C'est son principal intérêt, et c'est déjà beaucoup.
Ce qu'est la thérapie EMDR
L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, en français « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ») a été développée à la fin des années 1980 pour traiter les conséquences psychiques des événements traumatiques. Elle figure aujourd'hui parmi les approches recommandées par l'Organisation mondiale de la santé et par la Haute Autorité de santé dans la prise en charge de l'état de stress post-traumatique.
Le principe repose sur une hypothèse simple à formuler. Un souvenir ordinaire est digéré par le cerveau, rangé, relié à d'autres, et il perd progressivement sa charge émotionnelle. Quand l'événement dépasse les capacités du moment, ce traitement ne se fait pas. Le souvenir reste stocké sous une forme brute (images, sons, odeurs, sensations corporelles, émotions du moment), isolé du reste. C'est ce qui explique qu'un bruit, une odeur ou une intonation puisse tout réactiver des années après, avec la même intensité.
Les stimulations bilatérales alternées proposées pendant les séances semblent favoriser la reprise de ce traitement. Le souvenir ne disparaît pas : il devient un souvenir parmi d'autres, dont on peut parler sans être submergé.
Le déroulé complet du protocole, phase par phase, est détaillé dans l'article EMDR : à quoi ressemble une séance ?.
Le déroulement d'une séance en visioconférence
Le protocole EMDR est standardisé et ne change pas selon le format. Ce sont les modalités pratiques qui s'adaptent.
Une séance de retraitement dure environ 90 minutes. Elle n'intervient jamais lors du premier rendez-vous : les phases de préparation occupent au minimum une à deux séances, davantage lorsque l'histoire est complexe.
Les stimulations bilatérales à distance
Trois modalités sont utilisables en visioconférence, et le choix se fait avec vous après un essai :
- Le suivi visuel à l'écran. Vous suivez des yeux le mouvement de ma main, filmée de façon à occuper une largeur suffisante de l'image.
- Les stimulations sonores. Des sons alternés d'une oreille à l'autre, dans un casque stéréo. C'est souvent la modalité la plus confortable à distance, parce qu'elle ne dépend pas de la qualité de l'image.
- Les tapotements alternés. Vous croisez les bras et tapotez vous-même vos épaules ou vos genoux en alternance, à un rythme donné.
Une série dure une trentaine de secondes, suivie d'un temps d'arrêt et d'un échange court sur ce qui s'est présenté. Puis on repart. Ce cycle se répète pendant la phase de désensibilisation.
Une séance en ligne, étape par étape
La connexion
Un lien reçu par courriel, sans compte à créer ni logiciel à installer. Cinq minutes avant l'heure, le temps de vérifier le son et l'image.
Le point de départ
Où vous en êtes depuis la dernière séance, ce qui s'est passé dans les jours qui ont suivi.
La mise en place
Vérification de votre installation, rappel du lieu sûr, choix de la modalité de stimulation du jour.
Le retraitement
Séries de stimulations bilatérales alternées, entrecoupées de temps d'arrêt.
La clôture
Retour au calme, systématique et jamais écourté, même si le retraitement n'est pas terminé.
Les repères pour la suite
Ce qui peut survenir dans les jours suivants, et ce que vous pouvez faire.
Ce qui change vraiment par rapport au cabinet
Autant le dire clairement, plutôt que de prétendre que les deux formats sont identiques.
Ce qui se perd. Une partie de la lecture du corps. En cabinet, je vois vos mains, vos appuis, un changement de respiration, une tension dans les jambes. À l'écran, je vois un buste et un visage. Cette information manquante est compensée par des questions plus fréquentes, ce qui rend la séance un peu plus verbale.
Ce qui se perd aussi. Le trajet. Il paraît anecdotique et ne l'est pas : le chemin du retour après une séance de retraitement sert de sas. À distance, on passe parfois d'une séance intense à une réunion professionnelle en quatre minutes. C'est pourquoi je demande de prévoir un temps libre après la séance.
Ce qui se gagne. La régularité, qui compte beaucoup dans ce travail. Un espacement irrégulier des séances, imposé par des trajets difficiles, nuit davantage au résultat que le format à distance lui-même. Et pour certaines personnes, le fait d'être chez soi, dans un environnement connu, facilite l'abord de contenus difficiles.
Ce qui ne change pas. Le protocole, le secret médical, la durée des séances, le fait qu'il s'agit d'une consultation médicale et non d'un accompagnement de bien-être.
Ce qu'il faut prévoir de votre côté
Les conditions matérielles ne sont pas un détail. Une séance interrompue en pleine phase de désensibilisation est une séance qu'il faut reprendre, et c'est inconfortable.
- Un écran stable. Un ordinateur ou une tablette posée sur un support. Le téléphone tenu à la main rend le suivi visuel impossible.
- Un casque ou des écouteurs. Indispensables si nous utilisons les stimulations sonores, utiles dans tous les cas pour la confidentialité.
- Une pièce fermée. Seul, porte fermée, pour toute la durée de la séance. Ni voiture, ni bureau partagé, ni jardin public.
- Une connexion correcte. Une coupure ponctuelle n'est pas grave, une connexion instable en permanence ne permet pas de travailler.
- Un temps libre après. Une heure au minimum, sans réunion ni obligation immédiate.
- Des mouchoirs, de l'eau, un plaid. Ce sont des choses que le cabinet fournit et auxquelles on ne pense pas chez soi.
Avant la première séance en ligne, je recueille votre adresse et le numéro d'une personne à prévenir. C'est une précaution de bon sens, utilisée dans les faits presque jamais, mais qui fait partie du cadre.
Ce que dit la recherche sur l'EMDR à distance
Il faut rester mesuré, parce que l'état des connaissances l'est aussi.
L'EMDR en présentiel dispose d'un niveau de preuve solide dans l'état de stress post-traumatique, ce qui lui vaut d'être recommandée par l'Organisation mondiale de la santé et par la Haute Autorité de santé. Ce n'est pas discuté.
Sur le format à distance, les travaux publiés sont plus récents et portent sur des effectifs plus limités. Ils vont dans le sens d'une efficacité comparable au présentiel pour des situations sélectionnées, chez des personnes suffisamment stables, sur des traumatismes identifiés. Ce sont des résultats encourageants, pas une démonstration équivalente à celle dont dispose le présentiel.
Concrètement, cela veut dire que le format à distance se discute au cas par cas, et qu'il n'est pas proposé par défaut. Une personne présentant des traumatismes multiples, anciens, avec des symptômes dissociatifs, relève du cabinet. Une personne stable qui souhaite retraiter un accident survenu il y a deux ans peut souvent travailler à distance sans perte.
Toute personne qui vous affirme que l'EMDR en ligne donne exactement les mêmes résultats que le cabinet dans toutes les situations dit quelque chose que les données actuelles ne permettent pas d'affirmer.
Quand la visioconférence n'est pas le bon départ
Dans certaines situations, le format à distance n'est pas ce dont vous avez besoin en premier. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire : cela veut dire qu'autre chose doit venir avant.
Si vous traversez une période difficile, ce n'est pas le moment de commencer un travail de retraitement. Ce qui compte alors, c'est d'être accompagné de plus près. Parlez-en à votre médecin traitant. Le travail sur les souvenirs viendra ensuite, et il viendra mieux.
Si vous êtes encore exposé à ce qui vous a blessé, violences en cours, domicile où vous ne vous sentez pas en sécurité, la première étape n'est pas thérapeutique : elle est de vous mettre à l'abri. On ne retraite pas un traumatisme qui n'est pas terminé.
D'autres situations demandent simplement un cadre différent, en cabinet plutôt qu'à distance : certains troubles psychiques nécessitant un encadrement spécialisé, une période de sevrage en cours, ou tout simplement l'impossibilité d'être seul et au calme chez soi, ce qui est très fréquent et n'a rien de disqualifiant. Certaines pathologies cardiaques et l'épilepsie justifient par ailleurs d'adapter les modalités de stimulation.
Rien de tout cela ne se décide devant un écran. C'est le rôle de la première consultation d'en parler avec vous, et de dire honnêtement ce qui est indiqué et quand.
Le cadre : une consultation médicale d'abord
La première consultation est un entretien médical, pas une séance d'EMDR. Elle a lieu au cabinet à Dijon ou en visioconférence, comme vous préférez. Elle sert à comprendre ce qui vous amène, à reprendre vos antécédents et vos traitements en cours, à poser une indication, et à décider ensemble si le format à distance convient.
Ce point n'est pas une formalité administrative. L'EMDR est une thérapie qui mobilise des contenus difficiles, et l'engager sans évaluation préalable expose à des situations que personne ne souhaite. Aucune séance de retraitement n'est proposée avant cette étape.
Nombre de séances et rythme
C'est la question posée à chaque première consultation, et la réponse honnête commence par « cela dépend ». Quelques ordres de grandeur tout de même, à prendre pour ce qu'ils sont.
Pour un événement unique et récent, chez une personne par ailleurs stable et entourée, le retraitement se fait souvent en quelques séances, précédées d'une à deux séances de préparation. Un accident de la route isolé, une agression unique, une intervention médicale mal vécue entrent dans ce cas de figure.
Pour des traumatismes répétés ou anciens, en particulier survenus dans l'enfance, l'échelle n'est pas la même. La phase de préparation peut occuper plusieurs mois avant le premier retraitement, et cette lenteur n'est pas une perte de temps : c'est elle qui rend le travail supportable. Toute personne qui vous annonce un nombre de séances fixe avant de vous avoir reçu vous vend quelque chose.
Le rythme habituel est d'une séance tous les sept à quinze jours pendant les phases de retraitement. Un espacement plus grand est possible, mais il rallonge le travail. Un espacement plus serré n'accélère pas les choses : le cerveau continue de traiter entre les séances, et ce temps fait partie du protocole.
Ce qui se passe entre deux séances
Les jours qui suivent un retraitement peuvent être un peu remuants. Des rêves plus présents, des souvenirs qui remontent, une fatigue inhabituelle, parfois une émotion qui traverse sans raison apparente. C'est habituel et cela s'apaise, généralement en quelques jours.
Des repères vous sont donnés systématiquement pour cette période : ce qui est attendu, ce qui ne l'est pas, quand me contacter. À distance, ce point est traité avec encore plus de soin, puisque nous ne nous croiserons pas dans la salle d'attente.
Il vous est également demandé de noter brièvement ce qui survient entre les séances. Ce carnet n'a pas besoin d'être long : trois lignes suffisent. Il sert de point de départ à la séance suivante et évite de reconstruire de mémoire.
Durées, tarifs et remboursement
| Consultation | Durée | Tarif |
|---|---|---|
| Première consultation, entretien médical au cabinet | 60 min | 100 € |
| Séance d'EMDR en visioconférence | 60 min | 100 € |
| Consultation à domicile | 60 min | 100 € |
Une facture vous est remise après chaque séance. Selon votre situation et votre contrat, une prise en charge par l'Assurance maladie ou par votre complémentaire santé peut s'appliquer. Les conditions varient beaucoup d'une mutuelle à l'autre : interrogez la vôtre avant de commencer, en lui indiquant qu'il s'agit de consultations réalisées par un médecin.
Les consultations sont réalisées en secteur 2, honoraires libres. Elles ne font pas l'objet d'un remboursement par l'Assurance maladie au titre de l'hypnose ou de l'EMDR, mais de nombreuses complémentaires santé en couvrent tout ou partie.
Le détail des honoraires et des moyens de paiement figure sur la page Consultations.
L'EMDR en ligne, vos questions
L'EMDR en ligne est-elle aussi efficace qu'au cabinet ?
Les travaux publiés sur l'EMDR à distance portent sur des effectifs plus limités que ceux menés en présentiel, et leurs résultats vont dans le sens d'une efficacité comparable pour des situations sélectionnées. Ces données ne permettent pas de conclure pour toutes les situations, en particulier les traumatismes complexes ou anciens. Le choix entre cabinet et visioconférence se décide au cas par cas lors de l'évaluation médicale.
Faut-il venir au cabinet avant de consulter en ligne ?
Non, ce n'est pas obligatoire : la première consultation peut se faire en visioconférence. C'est un entretien médical, pas une séance : il sert à poser l'indication et à repérer les contre-indications. Aucune séance d'EMDR n'est engagée avant cette évaluation, mais celle-ci n'impose pas de vous déplacer.
Comment se font les stimulations bilatérales à distance ?
Trois modalités sont possibles : le suivi des mouvements de ma main à l'écran, des stimulations sonores alternées dans un casque stéréo, ou des tapotements que vous réalisez vous-même en alternance sur vos genoux ou vos épaules. La modalité est choisie avec vous et testée avant la première séance de retraitement.
De quel matériel ai-je besoin ?
Un ordinateur ou une tablette posée sur un support stable, une connexion internet correcte, un casque ou des écouteurs, et une pièce fermée où vous ne serez pas interrompu pendant toute la durée de la séance. Le téléphone tenu à la main est déconseillé : l'image bouge et le suivi visuel devient impossible.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend de la situation. Pour un événement unique et récent chez une personne par ailleurs stable, le travail se compte souvent en quelques séances. Pour des traumatismes répétés, anciens ou survenus dans l'enfance, l'accompagnement s'inscrit dans la durée, avec une phase de préparation qui peut occuper plusieurs séances avant tout retraitement.
Est-ce remboursé ?
Une facture est remise après chaque séance. Selon votre situation et votre contrat, une prise en charge par l'Assurance maladie ou par votre complémentaire santé peut s'appliquer. Les conditions varient d'une mutuelle à l'autre : le plus sûr est de les interroger avant de commencer.
Que se passe-t-il si une séance devient trop intense ?
Le protocole prévoit des outils de régulation installés avant tout retraitement, notamment le lieu sûr. Une séance à distance se termine toujours par une phase de clôture et de retour au calme. Vos coordonnées et celles d'une personne à prévenir sont recueillies avant la première séance en ligne, et un temps d'échange est prévu après la séance.
Y a-t-il des situations où l'EMDR en ligne est déconseillée ?
Oui, et elles se discutent en consultation plutôt que sur un site. Une période de crise, une situation de danger encore présente, un sevrage en cours ou certains troubles psychiques demandent un accompagnement plus rapproché avant tout travail de retraitement. Un domicile où vous ne pouvez pas être seul et au calme suffit également à préférer le cabinet. Si vous traversez un moment difficile, parlez-en à votre médecin traitant.
La séance est-elle enregistrée ?
Non. Aucune séance n'est enregistrée, ni en cabinet ni en visioconférence. Le secret médical s'applique à l'identique dans les deux formats.
Peut-on consulter depuis l'étranger ?
C'est possible dans certains cas, sous réserve du décalage horaire, d'une continuité de suivi et de la possibilité d'organiser un relais local en cas de besoin. Cette question se traite lors de l'évaluation initiale.
Commencer par la première consultation
La première consultation a lieu au cabinet à Dijon ou en visioconférence, comme vous préférez. Elle permet de déterminer si l'EMDR est indiquée dans votre situation.
Pour aller plus loin : le déroulé complet d'une séance d'EMDR, l'ensemble des consultations, les formations suivies.