Hypnose et troubles du sommeil : ce qui se travaille
L'hypnose n'agit pas sur le sommeil directement, mais sur ce qui l'empêche : l'hyperéveil du soir, les ruminations au coucher, la peur de ne pas dormir. Cette page décrit les indications, ce qu'il faut avoir écarté avant, et le déroulé du travail.
Le cercle qui entretient l'insomnie
Une insomnie commence presque toujours par une cause identifiable : un deuil, une période de surcharge, une douleur, un changement d'horaires. Puis la cause s'éteint, et l'insomnie reste. C'est ce décalage qui surprend le plus les patients, et il s'explique.
Après quelques nuits mauvaises, le coucher cesse d'être neutre. On se couche en se demandant si on va dormir. Cette question suffit à produire un état de vigilance, exactement l'inverse de ce que l'endormissement demande. Le lit, la chambre, l'heure du coucher deviennent des signaux d'alerte au lieu d'être des signaux de sommeil. On compense en se couchant plus tôt, en restant au lit plus longtemps, ce qui dilue encore le sommeil sur une plage plus large et le rend plus fragmenté.
Le trouble s'auto-entretient. La cause initiale n'a plus aucun rôle, et c'est pourquoi chercher à la régler ne suffit plus. C'est ce cercle-là qui se travaille.
Ce qu'il faut avoir écarté avant
C'est l'apport propre d'une consultation médicale, et c'est une raison sérieuse de ne pas confier une insomnie à quelqu'un qui n'est pas médecin.
L'apnée du sommeil est la première à évoquer, en particulier devant des réveils nocturnes, une fatigue au réveil malgré des nuits d'apparence normale, des ronflements, une somnolence dans la journée. Elle est fréquente, très sous-diagnostiquée, et elle relève d'un traitement spécifique qu'aucune séance d'hypnose ne remplacera.
Le syndrome des jambes sans repos donne une insomnie d'endormissement typique, avec ce besoin de bouger les jambes le soir. Il se traite, souvent simplement, parfois par une correction d'une carence en fer.
Une dépression se manifeste souvent par un réveil précoce, vers trois ou quatre heures, sans possibilité de se rendormir. Elle relève d'une prise en charge propre.
Une hyperthyroïdie, une douleur nocturne, certains médicaments, dont des corticoïdes et certains antidépresseurs, produisent aussi de l'insomnie. Comme la caféine tardive, l'alcool du soir, qui endort mais fragmente la seconde partie de nuit, et l'écran au lit.
Ces causes se traitent pour elles-mêmes. L'hypnose intervient sur ce qui reste une fois qu'elles ont été écartées ou prises en charge.
Ce sur quoi le travail porte
L'hyperéveil du soir. Le corps reste en état de vigilance quand il devrait basculer. L'hypnose permet d'installer un état de détente profonde et, surtout, de le rendre reproductible seul, au moment du coucher.
Les ruminations. La liste des choses à faire, les conversations rejouées, les inquiétudes qui reviennent dès que la lumière est éteinte. Le travail consiste moins à les faire taire qu'à leur donner une autre place, ce qui marche mieux que de vouloir ne penser à rien.
L'anxiété de performance. Devoir dormir est le meilleur moyen de ne pas dormir. Défaire cette exigence est souvent le point de bascule d'une prise en charge.
Le conditionnement du lit. Redonner à la chambre son statut de lieu de sommeil, par des mesures comportementales simples associées au travail hypnotique.
L'autonomie. Un exercice d'auto-hypnose court est transmis dès les premières séances, à refaire au lit. C'est lui qui fait la différence dans la durée, bien plus que ce qui se passe en consultation.
Les mesures qui comptent
Elles sont intégrées à l'accompagnement et pèsent autant que les séances.
- Une heure de lever fixe, y compris le week-end, plus déterminante que l'heure du coucher
- Ne pas se coucher sans sommeil, quitte à se coucher plus tard
- Se lever si le sommeil ne vient pas au bout d'une vingtaine de minutes
- Réserver le lit au sommeil
- Pas de sieste longue en fin d'après-midi
- Pas de caféine après le début d'après-midi, l'élimination est plus lente qu'on ne le croit
- Pas d'alcool le soir, il fragmente la seconde partie de nuit
- Lumière du jour le matin, elle cale l'horloge interne
Combien de séances, et à quel rythme
Le plus souvent quatre à six séances, espacées de deux à trois semaines. Cet espacement est délibéré : ce qui change le sommeil, ce sont les habitudes du soir, et elles demandent des semaines pour s'installer. Un rythme hebdomadaire n'accélère rien.
Les premiers effets portent en général sur la qualité ressentie de la nuit et sur le délai d'endormissement, avant de porter sur la durée totale. Un agenda du sommeil simple est tenu entre les séances, parce que la perception du temps passé éveillé est notoirement peu fiable.
Et les somnifères
Beaucoup de personnes qui consultent en prennent depuis des années. L'hypnose peut accompagner une diminution progressive, jamais la décider seule. Un arrêt brutal de benzodiazépines ou d'apparentés expose à une insomnie rebond sévère et à d'autres complications. La décroissance se planifie avec le médecin qui a prescrit, par paliers, et le travail en hypnose sert alors à rendre ces paliers supportables.
Ce que l'hypnose ne remplace pas
La thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie reste le traitement de référence de l'insomnie chronique, avec un niveau de preuve supérieur. L'hypnose s'articule avec elle plutôt qu'elle ne s'y substitue, et c'est pourquoi les mesures comportementales décrites plus haut font partie intégrante de l'accompagnement.
Durées, tarifs et remboursement
| Consultation | Durée | Tarif |
|---|---|---|
| Consultation au cabinet à Dijon | 60 min | 90 € |
| Consultation en visioconférence | 60 min | 90 € |
| Consultation à domicile | 60 min | 90 € |
Secteur 2, honoraires libres. Ces consultations ne sont pas remboursées par l'Assurance maladie au titre de l'hypnose, mais de nombreuses complémentaires santé proposent un forfait annuel qui en couvre tout ou partie. Une facture est remise après chaque séance.
Hypnose et sommeil, vos questions
L'hypnose aide-t-elle vraiment à dormir ?
Elle agit sur ce qui entretient l'insomnie plutôt que sur le sommeil lui-même : l'hyperéveil du soir, les ruminations au coucher, la peur de ne pas dormir. C'est sur l'insomnie psychophysiologique que les résultats sont les plus nets. Une insomnie liée à une apnée du sommeil relève d'un autre traitement.
Que faut-il vérifier avant ?
Une apnée du sommeil, un syndrome des jambes sans repos, une hyperthyroïdie, une dépression, une douleur nocturne, un effet indésirable médicamenteux. Ces causes se traitent pour elles-mêmes, et travailler l'insomnie sans les avoir écartées revient à traiter un symptôme en laissant sa cause en place.
Combien de séances ?
Le plus souvent quatre à six, espacées de deux à trois semaines. Cet espacement est délibéré : ce qui change le sommeil, ce sont les habitudes du soir, et elles demandent des semaines pour s'installer.
Puis-je arrêter mes somnifères ?
L'hypnose peut accompagner une diminution progressive, jamais la décider seule. Un arrêt brutal de benzodiazépines ou d'apparentés expose à une insomnie rebond sévère. La décroissance se planifie par paliers avec le médecin qui a prescrit.
Quelle différence avec la TCC de l'insomnie ?
La thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie est le traitement de référence de l'insomnie chronique, et son niveau de preuve est supérieur. L'hypnose s'articule avec elle plutôt qu'elle ne la remplace, et les mesures comportementales font partie de l'accompagnement.
Peut-on faire ces séances à distance ?
Oui, et le sommeil s'y prête particulièrement bien, puisque les exercices sont destinés à être refaits chez soi, au lit, dans les conditions réelles du coucher. Le détail figure sur la page hypnose en ligne.
Combien ça coûte ?
90 € la consultation, au cabinet à Dijon, à domicile ou en visioconférence. Secteur 2, honoraires libres, non remboursé par l'Assurance maladie au titre de l'hypnose. De nombreuses complémentaires santé en couvrent tout ou partie.
Et chez l'enfant ?
Les enfants sont en général très réceptifs, dès cinq ans environ. Les difficultés d'endormissement, les cauchemars et les terreurs nocturnes en font partie, avec un travail adapté à l'âge et la présence d'un parent pendant la séance.
Prendre rendez-vous
La consultation commence par un temps d'évaluation du sommeil, destiné à écarter ce qui relève d'un autre traitement, puis le travail s'engage si l'indication est posée.
Pour aller plus loin : insomnie et hypnose, l'article détaillé, l'hypnose en visioconférence, l'ensemble des consultations.